Les routes de l’impossible #3

Les routes de l’impossible #3
Vous pensez que j'exagère dans le rendu ?! Bon ok oui, peut-être un peu. Mais dans ma tête, c'était comme ça.

La pire route que j’ai jamais pris (jusqu’ici) était en Bosnie-Herzégovine. Les souvenirs des cahots me hantent encore… Troisième épisode des routes de l’impossible en camping-car.

L’arrivée

Deux types de routes en Bosnie : les M et les R. M pour Magistrales, les principales, un peu défoncées parfois mais ça va. R pour Régionales… Ou Regrets éternels.

Un jour (car clairement une fois mais pas deux), on a opté pour un itinéraire avec une route R, qui nous faisait sur le papier gagner 50 km et 40 minutes de route. Spoiler : c’était pas un raccourci, c’était une embuscade. Rapidement, j’ai la joie de constater que l’enrobé se soulève sur d’énormes portions, il est grêlé de cratères, et en plus c’est de la route de montagne étroite. Je zig-zag, je rage, je m’énerve, mais ÇA PASSE. Et ça passe d’autant mieux qu’il n’y a personne sur cette route (comme c’est étrange), donc pas de problème de croisement.

Bref, j’avance.

Allez là, ça passe crème !

L’effroi

Jusqu’au moment où… la route s’arrête.

D’un coup d’un seul, et sans AUCUNE alternative possible à moins de rebrousser chemin sur 10 bornes, plus de route. Plus d’enrobé. Juste une piste, constellée de cratères. À ce niveau, clairement on ne parle pas de chemin, c’était un champ de mines, une zone de test pour les matériaux de la NASA.

Une succession de trous de 20 cm de profondeur, impossible de les esquiver, il y en un tous les 10 cm, peu importe la direction. Naïvement, je me dis que ça doit être une zone très courte, et que l’enrobé va reprendre rapidement, dans quelques centaines de mètres. C’est quand même supposé être une route, pas un chemin forestier. Alors, j’y vais.

C’est qui la plus malinette ?

Je prends sur moi et j’avance à 1 km/h. Le véhicule est secoué dans tous les sens, on dirait une boîte de Lego entre les mains d’un parkinsonien.

Au bout de 2 km, toujours pareil. J’ai les jambes qui tremblent, le camping-car fatigue, j’ai envie de pleurer. Mais je n’ai aucun autre choix que continuer, parce que j’ai vu 0 embranchement en amont, et que je me dis que j’ai sûrement déjà fait le plus dur. En fait, non.

La fuite

6 km. Ça a duré 6 km. Les 6 km les plus longs de ma vie. Les 6 kilomètres les plus longs de l’histoire de l’humanité. À côté, la traversée du désert de Moïse, c’était une balade de santé au Jardin des Tuileries.

Après ces 6 km, la route reprenait comme si de rien n’était. Genre : il ne s’est rien passé, c’était dans ta tête tout ça.

Avec un enrobé toujours défoncé bien sûr, mais à côté de ce que je venais de traverser, j’avais l’impression de rouler sur la moquette de la chambre de ma grand-mère, j’en aurais pleuré de joie.

Bref, les routes R en Bosnie : plus jamais.

Je m’abonne. Maintenant. MAINTENAAAAANT. (pour être informé des nouveaux articles)

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *