Parfois, on prend des routes qu’on ne devrait pas prendre. Ça fait des souvenirs. Le genre de souvenirs qui donnent envie de revendre son camping-car pour s’acheter une mule. Premier épisode de cette série maudite.
Épisode 1 : le lagon au Portugal
L’arrivée…
Le Portugal, c’était le début de notre périple. On débutait, on avait encore des excuses. Un jour, Julien trouve un emplacement magique, au bord de l’eau, près d’Obidos.
Sur le papier : les pieds dans l’eau.
Dans la réalité : une descente en terre battue qui ressemblait à une rampe de lancement de missiles.
On arrive devant une côte de malade, grêlée de cratères. Même les chèvres n’osent pas s’aventurer sur un truc pareil. Je m’arrête net et je dis : « Oula, si je descends ça, on ne remontera jamais« . Julien me rassure : « Il y a une autre route pour repartir« .
Vous voyez le truc venir, hein ?…
L’effroi.
Alors j’y vais. La descente est sportive. Une fois en bas, je cherche des yeux la route pour repartir. Spoiler : elle n’existe pas. On trouve juste un chemin de sable. Je SAIS que si on passe par là, on va s’ensabler. Mais en même temps c’est ça ou la côte. Et je SAIS qu’on ne remontera pas cette côte. Alors on tente le coup.
Et on s’ensable.

On s’en sort grâce à nos plaques de désensablement (je le dis en une phrase mais ça a bien duré 30 minutes). Et on se retrouve donc à nouveau au pied de la côte. Le boss final impossible à battre.
La fuite
Julien va demander à un pêcheur s’il y a une autre route. On a déjà fait le tour 15 fois mais bon… La réponse est non. Mais le gars ajoute : « vous avez une traction avant. Prenez de l’élan, ne ralentissez sous aucun prétexte, ça va passer« .
Fonce et prie, une technique qui a fait ses preuves depuis les croisades. Et c’est donc ce qu’on a fait. Parce que c’était ça ou rester vivre au pied de la côte, élever des chèvres, tricoter des pulls en laine de chèvre et les vendre aux âmes perdues qui auraient descendu la côte. Pas mon plan de carrière.
Je monte au volant, on sangle le bébé, Julien se cramponne. Je prends de l’élan. Et j’appuie sur l’accélérateur comme jamais pour escalader cette côte. Le camping-car chasse à fond. Mais on passe. Moi, je perds 10 ans d’espérance de vie à cause du stress.
Le mot de la fin ? En fait, on avait pris la mauvaise route. Le spot de rêve, c’était tout droit. Nous, on avait pris le chemin de droite. Ahah…



