Camping-car : combien ça coûte ?

Spot sympa
Il est beau, hein ? Dis le qu'il est beau !!

J’ai vraiment le chic pour trouver des titres à la con hein. Un camping-car coûte ce qu’on peut et veut y mettre. Mais il ne suffit pas de l’acheter : un camping-car coûte de l’argent au quotidien.

Temps de lecture : 15 minutes

Un budget camping-car ne doit pas englober uniquement le prix d’achat. La facture va s’alourdir de plusieurs milliers d’euros entre l’aménagement, la vie à bord, l’entretien… Donc si vous avez un budget de 25.000€, peut-être n’avez-vous en réalité que 20.000€ à mettre dans l’achat du véhicule. Chiant. Mais mieux vaut l’avoir en tête.

On peut avoir 500.000€ sur son compte et rêver d’un Notin Mercedes de 1995 qui va en coûter 20 fois moins.
Ou avoir 20.000€ sur son compte et rêver d’un Hymer 4×4 à 300.000€.

C’est plus chiant dans ce sens là, c’est sûr.

Tout cela pour dire : votre budget va dépendre de vos envies et de vos usages.
Nous, nous avions un budget de 20 à 25.000€, tout compris. Nous l’avons fixé en nous demandant :

  • Quel genre de véhicule nous plaisait (capucine, intégral, caractéristiques, look…)
  • Combien nous étions prêts à perdre si jamais nous allions au bout de sa vie
  • Quel prix nous semblait raisonnable compte tenu de nos besoins (budget aménagement + mode de vie. Si c’est avoir un camping-car mais ne pas pouvoir se payer la moindre visite derrière, cela n’a aucun intérêt)
On pensait à ça, mais on ne savait pas où mettre le siège bébé.

Alors combien prévoir pour son achat d’occasion ?

À 5.000 euros ou moins, on a une épave. C’est ok pour partir en Burning man et finir en apothéose en y craquant une allumette, mais ça s’arrête là.

Hihi.

À 10.000€, on a un véhicule avec des défauts (infiltrations, travaux mécaniques à faire, gros kilométrage…).
À partir de 15.000€, on commence à avoir quelque chose de bien, pas trop kilométré, mais ancien.

Bref c’est logique : plus on baisse le budget, plus on a une merde. Et plus on monte le budget, plus le véhicule sera récent, peu kilométré et/ou avec des équipements de qualité. Mais n’espérez pas trouver un camping-car de 2020, en très bon état, à 25.000€. Personne n’est à l’abri de tomber sur une affaire. Mais il y a des limites.

On peut aussi acheter dans le neuf. Comptez un minimum de 55.000€ pour un véhicule d’entrée de gamme (!) sans aucune option. Jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Allez, on croise les doigts.

Il faut savoir une chose importante : à l’exception des marques haut-de-gamme qui conservent un haut niveau de qualité, plus un véhicule est récent, plus il est mal construit. Voilà pour la généralité. À titre personnel, je ne vois donc pas l’intérêt d’acheter un Chausson neuf à 65.000€, sachant que c’est une marque peu réputée et qu’on a une chance sur 10 (chiffre sorti au doigt mouillé tkt) d’avoir de réels problèmes de cellule. Je préfèrerais mettre 60.000€ dans un véhicule d’occasion haut-de-gamme, Notin, Hymer, Niesmann Bischoff ou autre, des marques qui ont une solide réputation.

On a acheté le camping-car, cool. Mais les dépenses ne vont pas s’arrêter là. Panneaux solaires ? Réservoir GPL ? Toilettes plus modernes ?… Quelques milliers d’euros peuvent être nécessaires pour en améliorer le confort.

Dans notre cas, nous avons dépensé 6.500 euros pour aménager notre camping-car.

  • 2.500 euros de système électrique pour être en totale autonomie
  • 1.000 euros de lanterneaux (ils étaient flingués)
  • 1.000 euros d’équipements variés (nouveau frigo, ventilo, cales, lampes, rangements divers, peinture…).
  • 500 euros pour des toilettes à séparation (adieu cassette à caca)
  • 500 euros pour un système complet de purification d’eau
  • 500 euros pour une installation GPL (bouteille, embouts, lyre, filtre)
  • 500 euros de champagne. J’avais soif.

C’est sûr que j’aurais préféré m’acheter des sacs à main.

Quand on achète en camping-car, on peut se dire qu’on passera des vacances économiques. En réalité, en camping-car, on a des frais.

D’abord, l’essence. La dépense dépendra du nombre de km parcourus et de la consommation du véhicule. Nous, on tape sur du 10 à 11 litres aux 100 km. Et on roule en moyenne 3.000 km par mois. Soit 330 litres par mois, à multiplier par le prix de l’essence dans le pays dans lequel on est. Disons 1,4€ le litre.
BIM, ça fait quasiment 500 balles par mois.

Finalement, on pourrait peut-être caser le bébé sur le toit.

Il y a aussi le gaz, ou le GPL. 40€ la bouteille de propane en France (trois fois plus dans certains pays où la consigne n’existe pas), ou 20€ le plein de GPL. En été, comptez une bouteille par mois max pour la cuisson et le chauffe-eau, mais en hiver c’est plutôt une par semaine, car le chauffage tire dessus. Bref, lissé sur l’année, ça fait 50€ par mois.

L’entretien n’est pas donné non plus. Une vidange tous les 15 à 20.000 km. De nouveaux pneus tous les 30.000. Un changement de liquide de frein par ci, de nouvelles plaquettes par là… Depuis notre achat il y a un an, nous avons dépensé entre 2000 et 2500 euros dans l’entretien du véhicule. Mais c’est parce que nous roulons beaucoup. Moins on roule, moins ça coûte. Dans notre cas, 200€ par mois.

Edit : on vient juste de claquer 1000 balles dans un nouveau pignon de 5ème, on est contents…
NAN ON N’EST PAS CONTENTS.

L’assurance a également un coût. Pas prohibitif c’est sûr, mais il faut l’avoir en tête. En tous risques classique, comptez 40 à 50€ par mois.

Et puis il y a les services, le coût des campings, du stationnement… Vivre gratuitement est tout à fait faisable dans la plupart des pays (eau gratuite, spots gratuits…), particulièrement en France d’ailleurs. Mais beaucoup sont plus rassurés d’aller en camping, ou chez l’habitant. Et ne se voient pas forcément se brancher au robinet d’eau d’une station service quand ils ne trouvent pas de borne spécifiquement dédiée aux camping-caristes.

Dans les espaces payants, c’est minimum 2€ les 100 litres d’eau. Jusqu’à 8€ dans certains endroits !
Envie de vous poser au camping ? Vous n’aurez rien à moins de 15-20€ par nuit. Et si vous n’êtes pas autonomes en électricité, vous n’aurez pas le choix : il faudra bien vous brancher quelque part à un moment donné pour recharger votre batterie. Il est rare de trouver de l’électricité gratuite.

Pour finir, si vous n’avez aucun stationnement adapté pour votre camping-car quand vous ne vous en servez pas, vous devrez payer un hivernage (en gros, une place dans un hangar). Disons 50€ par mois.

En ramenant toutes ces dépenses au mois, notre camping-car nous coûte environ 800€/mois.
C’est la majeure partie de nos charges fixes. Ne reste plus qu’à y ajouter la nourriture et les dépenses du quotidien (habillement, téléphonie, assurance santé…).

Si vous avez (comme nous) un budget de 20 à 25.000€, tout compris, alors vous avez le budget de monsieur et madame tout le monde. Avec ce budget, dans le monde ultra concurrentiel du camping-car d’occasion, il faut être très réactif. Très, très réactif.

Si un camping-car vous plaît, ne réfléchissez pas. APPELEZ pour tenter de vous positionner les premiers. Quitte à céder votre place au final. C’est mon trauma qui vous parle : un Le Voyageur de 1995, porteur Mercedes (le must), 15.000€, 130.000 km, très bon état. J’ai vu l’annonce dans les 5 minutes qui ont suivi sa publication. J’ai pris 15 minutes pour bien lire, regarder les photos, m’assurer que le modèle convenait. J’ai appelé. Il venait d’être réservé. J’ai fait un peu de forcing : pas moyen. Il a été vendu. J’étais verte. Deux semaines à rager.

Mais cela ne veut pas dire qu’il faut acheter à l’aveugle le premier camping-car qui nous tape dans l’œil.

Lorsqu’on achète un CC d’occasion, on a le contrôle technique de moins de 6 mois. Cool, on a une idée de l’état de la mécanique. On ne s’arrête pas là, on complète en demandant la date du dernier changement de courroie (qui coûte quand même un peu cher), et éventuellement l’âge des pneus. Car beaucoup de camping-car roulant très peu, on peut avoir des pneus en super état… mais qui ont 10 ans, et sont donc à changer.

On se renseigne également sur le modèle pour connaître ses défauts. Par exemple, certains véhicules des années 2000 avec un moteur Ford puma sont peu chers et peu kilométrés. Bonne affaire ? Non. Toute une gamme de ces moteurs est défaillante. Concrètement : ils explosent. Tout simplement.
Les vieux C25 sont, eux, connus pour être très très corrodés en contour de pare-brise.
Les vieux Fiat Ducato sont connus pour avoir une faiblesse sur le pignon de 5ème vitesse.
Etc.
Cela ne veut pas dire que tout est rédhibitoire (sauf pour le moteur qui explose), mais c’est bien de l’avoir en tête. Chaque véhicule a ses faiblesses. Et si vous choppez un porteur Mercedes, bravo. Super qualitatif et cela se répare n’importe où dans le monde.

La mécanique, c’est fait. Mais qu’est-ce-qui vous dit que la cellule, la partie « habitation », est en bon état ? Le contrôle technique n’aborde que la mécanique, vous ne saurez pas si votre plancher est pourri ou si vos lanterneaux sont morts.

Avec un peu de chance, le vendeur aura fait un test d’étanchéité et vous connaîtrez les points d’infiltration, s’il y en a. Car voici la plaie de tous les camping-car : les infiltrations d’eau. C’est ainsi que tous les ans, des gens achètent des CC qui sont en réalité des épaves, même si la mécanique est nickel, car toute l’ossature est POURRIE. Pourquoi pourrie ? Car énormément de camping-car ont une ossature bois. Et forcément, le bois et l’eau…

L’eau, c’est le mal.

Deux options s’offrent à vous : vous poussez le vendeur à faire un test d’étanchéité, quitte à le prendre à votre charge (mieux vaut perdre 100€ que 25.000€). Mais bon c’est délicat à demander (s’il avait voulu en faire un, il l’aurait déjà fait). Ou vous inspectez minutieusement le véhicule (ouvrez les placards, vérifiez l’état du plancher, particulièrement dans les angles, soute, regardez sous le camping-car…), pourquoi pas en achetant un détecteur d’humidité pour pousser l’exploration à fond.

Certains camping-cars sont moins sensibles aux infiltrations d’eau : ceux dont le toit est en emboîtement, type boîte à chaussures. L’eau n’a pas de passage au niveau du toit, c’est un gros plus. Les camping-car fibre de verre ou métal sont également, c’est évident, bien moins sensibles aux infiltrations. La fibre de verre, ça ne pourrit pas.
Tous les camping-car à ossature bois, il faut ouvrir l’œil et le bon. Une fuite peut causer d’énormes dégâts sur un camping-car, jusqu’à le rendre bon pour la casse.

Gardez cependant en tête que toutes les infiltrations ne sont pas dramatiques. Notre camping-car était par exemple infiltré quand nous l’avons acheté : au niveau des lanterneaux et de l’antenne télé. Nous avons également découvert ultérieurement une infiltration au niveau de l’aération extérieure du frigo. Mais c’est un camping-car qui dormait globalement pas mal à l’intérieur, et qui est en fibre de verre pour moitié. Les conséquences étaient limitées. Nous avons séché la paroi du frigo et refait le joint au butyle. Nous avons supprimé l’antenne télé et scellé le trou avec une plaque. Et nous avons fait changer les lanterneaux. Et voilà, c’était réglé pour une somme raisonnable.

À noter qu’il existe trois types de camping-cars, et que le prix varie aussi en fonction de cela.
  • Les capucines, avec un lit au dessus de la cabine, sont les moins chers, les moins recherchés. Moins aérodynamiques, ils consomment aussi plus d’essence (à modèle équivalent profilé ou intégral évidemment). L’aménagement est quand même cool, l’espace lit est permanent sans prendre de place, et on trouve vraiment des mini modèles (5m à 5m50) qu’on ne trouve pas forcément en profilé ou intégral.
  • Les profilés sont ceux qui ont un lit « à la française », soit permanent soit à installer chaque soir. Ce qui bouffe quand même énormément d’espace de vie. J’dis pas que c’est de la merde, mais je le pense.
  • Les intégraux, c’est le must, et le plus cher. Ils sont équipés d’un lit pavillon. En gros : le lit est permanent, mais on peut le remonter au plafond, donc gain de place immense. Par contre rien n’est standard, chaque intégral est différent. Chaque élément devient donc du sur-mesure (les mousses isolantes de pare-brise par exemple).

Après un an de recherche, nous avons acheté un intégral Tabbert de 1996. 140.000 km, 15.000 euros. À ce prix là, les lanterneaux étaient à changer et il était vendu avec l’option moquette au plafond et fuite au niveau de l’antenne télé (dixit le vendeur : « non non, y’a plus de fuite, ça a été réparé ». Ouais bien sûr, et l’eau qui coule sur la paroi c’est une fontaine intérieure peut-être ?).

La fontaine intérieure, un aménagement très sous-coté, surtout en camping-car.

Entre nos envies et critères rêvés, et le véhicule final, il y a forcément eu des variations. C’est comme pour un achat immobilier : il faut faire des concessions. Donc tant pis pour le double plancher et le four. Notre camping-car n’a rien de tout cela. Mais il a d’autres atouts (châssis al-ko, moteur iveco, immense salon…).

Notre camping-car
La bête.

Certains diront que c’est trop cher. J’invite ces mêmes personnes à trouver bien moins cher pour un produit équivalent.

Et aussi à aller se faire foutre.

Certains diront que ça n’est pas assez pour un camping-car dans lequel on vit à l’année. J’invite ces mêmes personnes à m’acheter un Hymer tout-terrain à 300.000€.

Et aussi à aller se faire foutre.

Voilà, cet article est fini. Bisous.

1 Comment

  1. Jeanne la folle

    J’ai presque l’impression d’avoir écrit cet article tellement il est bien… Tu es tellement drôle, c’est fou d’être aussi intelligente.

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