Bosnie : une clope ?

Bosnie : une clope ?
Plouf.

La Bosnie est un pays magnifique. Entre deux paysages à couper le souffle, on découvre les spécialités locales : les cigarettes et les panneaux « Attention, mines ». Idéal pour pimenter ses randonnées.

Temps de lecture : 10 minutes (ouais j’ai des trucs à dire)

Le récap de la flemme

On fait quoi ? On pousse des OOOH et des AAAH plein d’emphase devant à peu près tous les paysages. Et on fume. Partout. Même devant les panneaux « don’t smoke ». L’air bosniaque est un mélange d’oxygène et de fumée de Malboro.

Combien de temps ? 15 jours à un mois (voir en fin d’article la liste complète des points d’intérêt).

Combien ? La différence avec la France est nette. Les courses sont un peu moins chère, l’essence est beaucoup moins chère, mais ce qui marque c’est le coût des visites et des extras (souvenirs, restos, boissons…). On mange dans un petit resto pour 10 euros à deux, un airbnb de 90m2 nous a coûté 25 euros, dans les lieux touristiques comptez 1€ pour un coca, etc.

Un conseil ? Ayez toujours de l’argent liquide. Et n’allez jamais sur les routes R, uniquement les M (magistrales). Les autres sont dans un état catastrophique. J’ai eu ici la pire route que j’ai jamais vu (et j’en ai vu beaucoup). C’était les routes de l’impossible en camping-car.

3 mots de vocabulaire ? Zdravo (salut), Hvala (merci), cigareta (cigarette). Le bosniaque, en fait, c’est la même chose que le croate. Ou que le slovène. Ou que le serbe… Logique, c’était le même pays.

3 immanquables ? Sarajevo, le lac de Rama, et Bihac (uniquement pour faire un saut dans le restaurant de burger-frites à 5 balles près du stade, la ville est nulle).

Itinéraire

Bihać

Bihac, c’est essentiellement une belle rivière, l’Una. Autour, c’est moche. Alors on regarde la rivière pour ne pas avoir à regarder le reste.

Ma note : 1/5. Aucun intérêt.

L’église de Mrkonjić Grad

Si vous suivez cet itinéraire, je vous conseille de vous arrêter ici. Cette église est recouverte de mosaïque, murs et plafonds. Mes photos ne lui rendent pas justice.

Les petits moulins de Jajce (Mlinčići)

Une vingtaine de minuscules moulins à eau de l’époque ottomane, posés sur des cascades. C’est adorable. Il y a une grande plage en bois, des pontons, un toboggan aquatique, une aire de jeux… Et on peut même se faire livrer à manger (foodjajce.com). Nous y avons passé 3 jours, c’était super, mais ça peut tout aussi bien être un arrêt de 30 minutes.

Ma note : 3.5/5. Trop joli.

Infos

Il y a du monde le week-end : quasi exclusivement des locaux. À 11h les parkings sont bondés. À 10 mn à pied, on peut aussi louer des pédalos. Stationnement gratuit quand nous y étions.

Jajce

À deux pas des moulins, cette ville a une gigantesque cascade en plein centre-ville. Son bruit couvre avantageusement celui des (trop) nombreuses bagnoles qui se faufilent dans la petite rue principale, et font bien chier les piétons.

Une fois n’est pas coutume, la cascade rend mieux en photo qu’en vrai.

La ville possède aussi une forteresse en ruines où furent couronnés les rois de Bosnie. Disons que sur le chemin, c’est un stop agréable de 2h, si on prend le temps de boire un verre en terrasse.

Ma note : 2/5. Je suis d’humeur généreuse.

Le Lac de Rama (Ramsko Jezero)

Ce genre de paysage me donne le sourire. Que faire ici ? Avec un enfant, de la patouille sur les rives du lac. Fin avril il n’y avait pas foule. Nous avons passé deux jours à nous tremper les pieds dans l’eau, attraper des grenouilles et chercher de jolis cailloux (il y a de très jolies pierres dans le coin, y compris des semi précieuses). On peut faire du bateau sur le lac, aussi.

Ma note : 5/5. Superbe, et on peut nager s’il fait beau.

Mostar

Je n’ai pas compris l’engouement. Cette ville est blindée de touristes, qui viennent admirer son vieux pont en pierre. Wait. Un vieux pont ? En fait non. Le vrai a été déglingué pendant la guerre, il a juste été reconstruit à l’identique.

C’est un peu comme coucher avec le sosie de Rocco Siffredi, ça peut faire illusion mais dans le fond tu sens bien que quelque chose est différent.

Ma note : 2.5/5. Bien si on aime les bains de foule.

Le Bunker de Tito (Konjic)

Resté intact avec ses machines et son mobilier d’époque, cet abri anti-atomique secret est une capsule temporelle.

Réservation obligatoire.

Ne vous dites pas :  » oh, en mars, c’est bon ». Sans avoir réservé vous n’entrerez pas, puisqu’il n’y a PAS de billetterie sur place : il faut aller à la billetterie en centre ville, après avoir préalablement envoyé les pièces d’identités des visiteurs par mail, en passant via le formulaire de contact du site. Visite guidée de 90mn, à 9h, 12h et 15h.

Est ce que ça vaut le coup ? Oui. Mais ça fait un paquet d’étapes chiantes, qui feraient passer une feuille d’impôts française pour un cahier de coloriage.

Sarajevo

Ici, on peut voir une église, une synagogue et une mosquée dans la même rue. C’est joli, et chargé d’histoire. On passe son temps à regarder les impacts de balles encore visibles sur les façades.

À voir impérativement : le pont où l’archiduc a été assassiné, le tunnel de la guerre (un peu excentré mais ça mérite de prendre le bus et de marcher un peu) et le vieux quartier ottoman. Idéal pour se poser pour manger des cevapi (rouleaux de viande) tout en buvant un café turc (demander un café bosnien, si on veut survivre).

À voir également, le site des JO de 1984, perdu dans la montagne. La piste de bobsleigh, ravagée, est géniale à parcourir (gardez en tête que vous devrez remonter ce que vous descendez). On y accède en téléphérique.

Ma note : 5/5. Cette ville est dans mon top 3, tous voyages confondus. L’ambiance est très particulière, les gens sont sympas et il y a pas mal de choses à faire.

Les Pyramides de Visoko

Envie de voir trois collines et de payer 10 balles pour monter 4 marches ? Vous êtes en bon endroit. Un archéologue local, probablement fortement alcoolisé, affirme avoir découvert ici les plus vieilles et plus hautes pyramides du monde. Scientifiquement, c’est très contesté. Tu m’étonnes.

Faut arrêter la pipe à crack, c’est juste une colline.

N’y allez pas, il n’y a rien à voir. Les pyramides ne sont que des collines, le tunnel a été creusé par je ne sais qui, et on prend clairement les visiteurs pour des pigeons.

Ma note : 0/5. Oui, c’est possible.

Parc Naturel de Bijambare

Ce parc est célèbre pour ses grottes (8 au total, elles ne se visitent pas toutes), mais le vrai plus est le petit train qui traverse la forêt pour y aller. En avril, le choc thermique nous a fait tout drôle, nous sommes passés d’un bon 24 degrés, à… 6 degrés. Ici on est en altitude.

C’est joli. C’est sympa. C’est une belle forêt et la grotte principale est balaise bien qu’assez peu préservée. Il y a une petite aire de jeux. Bref, sur une journée, c’est agréable.

Infos

L’entrée du parc coûte 5 km. Le petit train coûte 2 km. L’entrée de la grotte coûte 6 km. Il faudra tout payer en liquide, et de façon séparée. Donc on paye le gardien du parc, puis le chauffeur du train, puis la billetterie près de la grotte. L’ensemble reste tout à fait correct puisque cela revient à 6.5 euros par adulte.

Les horaires du petit train sont assez aléatoires, en gros il y en a un par heure. Par contre pour les visites de la grotte c’est à heure fixe. Il y a un créneau le matin, un créneau le midi, et deux créneaux l’après-midi (trois le week-end).

Višegrad

La ville est connue pour son pont ottoman, rendu célèbre par le roman du prix Nobel Ivo Andric. On sent que la ville a tout misé sur son pont et qu’elle a décidé de prendre sa retraite juste après. Concrètement : ça ressemble à un décor de fin du monde, tout est semi-délabré et les gens ont l’air fini à la pisse. Et c’est pourtant extrêmement touristique.

Deux petits trains, balades en bateau, zipline au dessus de la Drina, dizaines d’échoppes à souvenirs… Des bus vomissent des flots de touristes, qui descendent prendre le pont en photo sous 25 angles différents.

Pas loin du pont, vous avez Andrićgrad, un quartier construit par le cinéaste Emir Kusturica. C’est une curiosité amusante à voir. Le contraste avec le reste de la ville est fort : le faux vieux a plus d’âme que le vrai moche.

Ma note : 2/5. Uniquement pour le quartier « décor de film ».

Base aérienne abandonnée de Željava : un avion est encore là, les tunnels s’explorent, une belle session d’urbex en perspective.

Parc National de l’Una (Štrbački Buk et Martin Brod) : cascade spectaculaire au nord et village où les cascades coulent lentre les maisons.

Sunnyland (Mont Trebević) : Alpine Coaster où les enfants peuvent monter avec un parent. Immense aire de jeux intérieure et extérieure.

Srebrenica (Mémorial de Potočari)

Parc National de Sutjeska : abrite l’une des dernières forêts primaires d’Europe (Perućica) et le plus haut sommet du pays, le Maglić. On y trouve le monument de Tjentište, immense sculpture futuriste des années 70.

Blagaj Tekke : Un monastère derviche du XVIe siècle construit à même la falaise.

Počitelj : Un village médiéval et ottoman fortifié.

Les Chutes de Kravica : Un amphithéâtre naturel de cascades de 25 mètres de haut.

Neum : la seule ville côtière de Bosnie (20 km de côte dans tout le pays).

Trebinje : la ville du vin, vieille ville charmante et monastère de Hercegovačka Gračanica.

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