Après avoir fait l’Estonie et la Lettonie, je m’attendais à retrouver la même ambiance en Lituanie. En fait non, rien à voir. Là où les deux autres pays Baltes sont tout en forêts, la Lituanie est tout en champs. Le pays devait servir de grenier, et les forêts ont été déglinguées. Ce qui frappe ensuite, c’est que c’est une terre pleine de croyances. À côté, la Bretagne, c’est de la rigolade.
Temps de lecture : 10 minutes
Le recap de la flemme
On fait quoi ? Plein de visites insolites. Mon rêve.
Combien de temps ? Deux semaines en prenant son temps. Une semaine sans traîner.
Comment on vient ? Nous, par la route. Mais c’est pas le tiers-monde, il y a des aéroports et des gares.
Combien ? Ne pas s’attendre à un faible coût de la vie, notre plein de courses nous a sensiblement coûté la même chose qu’en France. Et en prime, l’essence est au même prix qu’en France. Youpi.
3 mots de vocabulaire ? Laba diena (bonjour / bonne journée), aciu à prononcer « atchiou » (merci), Prasau (s’il vous plaît)
3 immanquables ? La colline aux croix, la base de lancement de missiles, Devil’s Pit. Y’a un piège.
Itinéraire et points d’intérêt
La colline aux croix de Siauliai
150.000 croix plantées sur une colline, au milieu de nulle part, ça en jette. On peut sans problème passer deux heures ici, à déambuler dans les allées et regarder les différentes réalisations. Ici, une croix fabriquée avec des pots d’échappement de Harley. Ici, une en pales d’avion. Là, une en ambre.
Et puis il y a les croix de la flemme : en bâtons, brindilles, voire même en pomme de pin supplément élastique. Genre y’avait l’envie mais pas les moyens. Sans rire, c’est fascinant.
Ma note : 5/5 – Il faut vraiment le faire.
Infos pratiques
Le site est gratuit, en libre accès (vous pouvez y aller à 3h du matin si ça vous chante). Le parking situé en amont est payant mais n’a rien d’obligatoire, on peut s’approcher davantage et se garer gratuitement sur les emplacements au pied de la colline. Nous y étions hors saison, il n’y avait personne.
La base de lancement de missiles de Plokštinė
Les soviétiques avaient construits une base de lancement de missiles nucléaires au milieu de la forêt. Transformée en musée mais pas dénaturée, elle se visite. Le souterrain est un peu labyrinthique de prime abord, mais on s’y retrouve. On termine la visite en entrant dans un silo de lancement. Carrément.







Ma note : 5/5 – Visite courte mais intéressante. Comptez 1h sans se presser. Nous étions seuls dans le complexe (en novembre), ce qui rajoutait un petit supplément « ambiance fin du monde ».
Infos pratiques
10 euros l’entrée (le prix a été doublé récemment), le rapport prix-étonnement est correct. On a rarement l’occasion d’entrer dans un silo de lancement de missiles. Vous pouvez prolonger la journée en faisant une balade dans la forêt, remplie de panneaux permettant d’identifier les animaux qui y vivent (lynx, élan, belette…). Point de départ au niveau du parking du musée. En flânant, vous tomberez peut-être même sur d’anciens bunkers du site, hors périmètre. Je ne sais pas s’il y en a un ou plusieurs, mais celui dont j’ai poussé la porte est accessible et en très bon état (ne vous attendez pas à une dinguerie, il est vide et assez petit). Attention cependant, le sentier de balade ne fait pas de boucle. Pensez à rebrousser chemin. Pas comme nous. Ouais, le retour était long.
Palanga
Une pause sur la Baltique. Ici, vous êtes dans un lieu à mi chemin entre la station balnéaire et la fête foraine. Il n’y a pas d’activités incroyables à faire, mais les gens aiment venir se promener dans l’artère piétonne, qui mène jusqu’à la très longue jetée.

Un samedi de novembre, j’ai été surprise de constater que pas mal de restaurants, de magasins de souvenirs et autres stands forains étaient ouverts. Surprise de voir qu’il y avait tout de même pas mal de monde. Cela m’a fait penser à l’ambiance de Sutomore, au Monténégro : quelque chose de très artificiel. En plus classe quand même.




J’ose à peine imaginer à quoi ressemble l’endroit en été, particulièrement en soirée. On doit se marcher dessus. Rien que sur la plage, 10 emplacements de restaurants (un seul d’ouvert hors saison). Des stands forains partout. Mais voilà l’atout du hors saison : pouvoir visiter sans être dégouté d’un lieu à cause de la foule (d’ailleurs, hors saison, le stationnement est gratuit à Palanga). J’ai donc apprécié la balade, que nous avons prolongé sur la plage en cherchant de l’ambre de la Baltique.

Ma note : 5/5 – j’ai ramassé de l’ambre, mouahaha. Si je n’avais rien trouvé, j’aurais mis 3.
Kaunas, espèce de…
La deuxième ville de pays n’est pas bien grande. Elle ne regorge pas non plus de choses à faire. Outre la promenade dans la vieille ville, vous pouvez faire la visite du Neuvième fort (fort transformé en camp de concentration sous l’ère nazie, puis investi par les soviétiques). Pour le reste, quelques bâtiments religieux, un vieux fort, un musée du diable aux avis très mitigé… Pas de quoi se damner.


Ma note : 2/5 – on peut s’occuper si on y est. Mais finalement, on ne manque pas grand chose si on fait l’impasse.
Devil’s Pit – Velniaduobė
Ici, on peut voir un cratère de météorite.

Voici à quoi ça ressemble.

C’est ce que c’est : un trou. Avec des escaliers pour descendre dans le trou. On peut le dire, c’est de la merde.
Ma note : 1/5 – un trou dans la forêt quoi.
Hill’s angels
Encore un site mystique, avec une flopée de sculptures d’anges monumentales plantées sur une petite colline. C’est joli, étonnant, et cela attire visiblement les prières des visiteurs. On trouve des pièces de monnaie cachées un peu partout, des jarres contenant des papiers avec des vœux notés dessus… Comptez une petite heure sur place.

Ma note : 3.5/5 – gratuit, en libre accès, personne sur place… bref, sympa.
Trakai
8€ pour visiter le château, que l’on peut évidemment aussi admirer gratuitement de l’extérieur. Je n’en dis pas plus. C’est dire à quel point j’ai aimé cette ville.
Vilnius
Après le coup de cœur inattendu que j’avais eu pour Riga, je m’attendais à la même chose de Vilnius. Raté. J’ai trouvé la ville vide, assez molle, sans profond attrait. Niveau « incontournables », citons la colline des 3 croix, l’impressionnante église Saint Paul et Saint Pierre et, le meilleur pour la fin… La République d’Uzupis.




Uzupis est un quartier de Vilnius auto-proclamé République, avec son président à vie, sa présidente (nommée une fois par an), sa constitution affichée dans toutes les langues, son drapeau… C’est une curiosité amusante.

Nous avons même été interviewés sur place, devant les plaques de leur constitution (affichée dans toutes les langues). J’ai adoré la tête de la nana au micro quand j’ai lu, à sa demande, un morceau de la constitution en français. J’aurais fait un triple salto arrière ou changé le trottoir en lingots d’or qu’elle aurait pas eu l’air plus impressionnée. Du calme Ginette, t’excite pas, c’est ma langue natale.
Pour finir, passage obligé dans la boutique « Border Control » ou l’on peut acheter des billets d’1€ d’Uzupis (à 6€. Le taux de change picote). On peut aussi y faire gratuitement tamponner son passeport (ou n’importe quel bout de papier) pour attester de son passage. Ça brasse du monde.



Pour le reste, Vilnius mérite une grosse promenade, c’est tout. Notez l’existence d’un portail sur la grande place, qui permet de voir les habitants d’autres pays par webcam interposée. On peut faire des doigts d’honneur à des inconnus sans craindre de représailles. Bon plan.

Ma note : 3/5 – agréable, mais pas la visite de l’année.
Sentier des Cimes
Envie d’un stop en pleine nature ? Moi pas, car le temps était vraiment dégueulasse. Mais si jamais, le sentier des Cimes était sur ma liste après Vilnius.

Grutas park, alias Lénine land
La promesse de Grutas park : rassembler les anciennes statues soviétiques du pays. D’autres pays ont des parcs sur le même concept, j’en ai visité plusieurs, eh bien ça fera un de plus. Bonus pour celui-ci, il a également un mini zoo (enfin, c’est ce que je croyais en tout cas). Les lieux sont désuets, on se sent vraiment dans une autre époque. Supplément mégalomanie en prime, avec facilement 25 mètres de linéaires d’articles sur le fondateur du parc et le parc quand on arrive.




Une fois entrés, poussez les portes des différentes cabanes, qui sont des lieux d’exposition, avec beauuuucoup d’objets d’époque mis en scène. En novembre nous étions presque seuls, c’est les dames de l’entretien qui venaient nous ouvrir les bâtiments (et surveiller qu’on ne vole rien).



Les statues tiennent leurs promesses, on trouve beaucoup de Lénine, quelques héros variés, du Staline et même du Marx. Bref, ce qu’on s’attend à trouver. Avec en bonus une grande aire de jeux pour enfants, probablement datés de l’aire soviétique eux aussi vu l’allure générale.

Communiste refoulé.
En revanche, une chose a été inattendue. Je pensais que ça serait un parc de statues + un mini zoo (genre moutons, chèvres…). En fait, c’est plutôt un vrai zoo, avec un parc de statues. Et l’état des lieux est assez… Disons que la notion de bien-être animal est restée bloquée à l’ère soviétique elle aussi.

Entre un ours dans une mini cage, une famille d’ânes dans un petit enclos très sale et les cygnes noirs sous filet, j’ai eu de la peine pour certains animaux. Et vu le nombre hallucinant de paons et de cochons d’Inde, la stérilisation n’est visiblement pas une option.
Ma note : 3/5 – Je meurs d’envie de mettre un 4 car j’adore ce genre de lieu. Mais impossible de cautionner le zoo.
Infos pratiques
15€ l’entrée par personne, ils se touchent vraiment. J’imagine qu’ils ont progressivement monté les prix pour ne pas couler. Pour la blague, à sa construction, le parc était supposé accueillir 2.5 millions de visiteurs chaque année. 2.5 millions… Ahahah. Un délire total. Pour se donner une idée, 2.5 millions, c’est plus que le Puy du fou ou le musée Tussaud à Londres. Autant dire qu’on en est loin.
Voilà on a fait le tour. La Lituanie est un pays agréable à parcourir et visiter. Ceci étant dit, c’est clairement le plus pauvre des trois pays baltes. On le devine vite, vu l’état de certaines routes et la dégaine de bon nombre de bâtiments.
Nous nous sommes toujours sentis en sécurité, mais nous avons été dévisagés un nombre incalculable de fois dans notre vieux camping-car français. J’pense qu’ils étaient impressionnés par ma conduite. Ou par mon élégance. Ou alors Julien faisait des hélicobites à la fenêtre.
Klaipeda / Witch mountain / isthme de Courlande et delta du Niémen (phare pointe du venté) : j’aurais aimé visité l’isthme. Mais à la lecture des tarifs et des avis, j’ai eu la sensation que c’était devenu une énorme machine à cash. Autant de temps et d’argent pour un joli paysage : nous avons fait l’impasse. Mais si vous souhaitez faire l’excursion en suivant mon itinéraire, ça se calera juste après Palanga. Idem pour Klaipeda et la montagne des sorcières.
En fait non, j’ai rien à ajouter.


Bravo, tu m’as donné envie d’aller en Lituanie maintenant (et non, pas seulement pour toucher le zizi de Lénine) *_*
À d’autres. Personne n’est dupe. Pervers.