Au début, je disais : « pff, il n’y a rien à faire dans les pays baltes ». Et puis, j’ai creusé. Et en fait, y’a plein de trucs. Particulièrement en Estonie d’ailleurs. Du coup, je vais faire un article par pays balte. Attention, premier pavé.
Le recap de la flemme
On fait quoi ? De la ville, de la mer, de la forêt, des musées, des lieux étonnants…
Combien de temps ? Deux ans si vous avez envie de vous faire chier. Sinon une à deux semaines, c’est bien.
Comment on vient ? En ferry, comptez 9h depuis la Suède. Coût du voyage hors-saison (cabine + camping-car) : 206€. Mais on peut simplement venir en avion.
Combien ? L’Estonie n’est pas si peu chère qu’on pourrait le penser. Oui, les clopes sont à moins de 5€ le paquet et le diesel ne dépasse pas les 1.35€ le litre, mais ça s’arrête là. Donc à moins de manger des clopes et de boire du diesel, vivre sur place vous coûtera grosso modo la même chose que partout ailleurs en Europe (15€ le burger frites, 30€ la nuit dans un camping).
3 mots de vocabulaire ? Tere (bonjour), Altah (merci), Palun (s’il vous plaît / pardon)
Mes 3 immanquables ? La prison abandonnée de Rummu, le couvent de Kuremae, la capitale Tallin.
Itinéraire et points d’intérêt
Tallin : Disneyland version soviet
La capitale de l’Estonie est à voir sur une à deux journées. Elle est pleine de contrastes, avec des airs de Disneyland par endroit, et de l’architecture soviétique très brute à d’autres. J’en ai fait un article à part, à lire par ici.
Ma note : 3,5/5. Quand j’y étais, je mettais plus. Mais après avoir vu Riga, la capitale de la Lettonie, j’ai revu ma note à la baisse. Déso, y’a compet quand même.
Rummu : la prison abandonnée

Rummu accueille une prison soviétique abandonnée. Les prisonniers travaillaient dans la carrière de calcaire accolée. Les bâtiments sont en friche, toujours partiellement meublés et on peut déambuler librement dans tout le site (qui commence sérieusement à se dégrader) : plusieurs dizaines de bâtiments. Gymnase, parloirs, cantine, cellules, miradors, salle de repos des gardes…La carrière est quant à elle inondée, et certains bâtiments de la prison avec (on peut y faire de la plongée en été).








La prison en elle-même est impressionnante. Le site était désert lors de notre passage. La carrière est également à voir, le paysage est lunaire, et l’ajout d’un piano au milieu de ce désert de calcaire ajoute encore à l’étrangeté de l’atmosphère. Perso, c’est tout ce que j’aime.

Infos pratiques
L’entrée est à 7€ par personne, ou 20€ le billet famille. Attention, en basse saison (nous y étions début octobre), il n’y a plus aucun personnel sur place, donc plus de billetterie. Il faut passer par un tourniquet qui se débloque avec un paiement CB sans contact de 10€. Oui, c’est inexplicablement plus cher que le billet en haute saison… mais les fraudeurs dans l’âme pourront passer à deux dans le tourniquet. Je ne dis pas qu’on l’a fait. Mais j’ai horreur de me faire pigeonner.
Ma note : 5/5. J’adore.
Haapsalu : des trains et de la romance
Une petite ville accolée à la mer pleine de charme avec ses maisons en bois multicolores. Tout est beau, et ma venue n’a évidemment fait qu’accentuer le phénomène. Après avoir flâné dans ses rues, il faut aller voir son ancienne gare, où sont exposés de nombreux trains de multiples époques (#CCCP). C’est gratuit.





À moins de 10mn de route d’Haapsalu, je vous conseille une halte au château abandonné d’Ungru. La ruine est massive, impressionnante, librement accessible et son histoire est hors du commun.
Attention, minute Père Castor : c’est l’histoire d’un comte estonien qui, par amour pour une princesse allemande, s’était mis en tête de construire une république de son château teuton. Le bâtiment terminé, la belle est morte, le comte estonien a suivi, et les soviétiques ont partiellement déconstruit le château pour construire une piste d’aviation juste à côté (elle aussi abandonnée). So romantic.




Pour info : aucun stationnement sur place, mettez-vous sur le bas-côté ou sur l’accès au champ.
Ne suivez PAS Google Maps, ça vous mettra dans la merde.
Arrêtez-vous dès que vous voyez le château.
C’est un ordre.
Ma note : 3,5/5. Deux visites agréables.
Pärnu : la ville des éléphants
Pärnu est une ville balnéaire réputée. On y trouve de belles bâtisses et une multitude de parcs et autres petits points d’intérêt. Mais esorti de l’artère piétonne et du quartier « riche », la ville est froide, je ne lui ai pas trouvé grand intérêt. Une curiosité tout de même : l’éléphant est l’emblème de la ville… ce qui est un choix chelou pour une ville estonienne. Bref, il y a des éléphants partout.





Pour les amoureux des cimetières, ceux de Pärnu étaient particulièrement beaux dans l’ambiance automnale. Et si vous avez envie de nature, de nombreuses balades sont possibles autour de l’eau, que ça soit la promenade ou les prairies inondées avec son bel observatoire.
Ma note : 2/5. C’est pte un peu dur. Mais c’est mon blog, c’est moi qui décide.
Viljandi : passez votre chemin
Passées les ruines du château, TRES avantageusement photographiées par le drone de leur office de tourisme, il n’y a rien à faire. Pas mal de gens visitent… Je cherche encore pourquoi. Je suis peut-être conne (ne dites rien), je suis peut-être passée à côté d’un truc. Mais ici team flemme, on a lâché l’affaire pour manger des fraises tagada dans le camping-car.
Ma note : autant ne rien dire, je risque de devenir méchante.
Lohavere : c’est l’histoire d’une butte…
Ici, un village fortifié (détruit en 1217) se tenait sur une énorme butte au milieu des bois. On peut monter tout en haut, parcourir les panneaux explicatifs et même faire un petit feu. Car c’est tout l’intérêt de ce site (où nous avons passé une nuit) : il est aménagé pour profiter de l’extérieur. C’est quelque chose que l’on retrouve beaucoup dans les pays nordiques et les pays baltes, mais ici c’était particulièrement bien fait. En pleine forêt donc, on trouve plusieurs cheminées, avec des bûches de bois sec à disposition, des bancs et des cabanes pour refaire le monde autour du feu. La forêt est très belle, calme absolu, et on peut, avec un peu de chance, y apercevoir un lynx. Car oui, il y a des lynx dans le coin.

Ma note : 2,5/5. Contente d’y être allée. Mais pas le stop de l’année.
La base de sous-marins de Hara
J’aime visiter des lieux abandonnés. Ce lieu ne fait pas exception. Il est visiblement assez touristique en pleine saison (restaurant et tutti quanti), mais en octobre, en semaine, tout est fermé, il n’y a personne et on peut déambuler librement sans même avoir à payer un billet d’entrée… puisqu’il n’y a plus aucune billetterie (10€ par personne sinon).




Ma note : 4/5. J’adore ce genre de curiosité, alors forcément…
Ontika : boum
Deux choses gratuites à voir ici : les falaises calcaire et la cascade de Valaste. Malheureusement, lors de notre passage, un gros éboulement venait d’avoir lieu. Tous les passages étaient fermés. Étant scorpion ascendant cabri j’aurais pu passer quand même, mais je ne me voyais pas laisser Julien derrière. Il aurait pu se vexer, et j’ai besoin de lui pour vider nos toilettes. Bref, nous avons quand même pu jeter un œil d’en haut à la cascade. Franchement, elle claque.

Ma note : 3/5. Pas d’accès, dommage, mais époustouflant.
Sillamäe
Ici, des gens vivaient heureux (et d’autres pas). Une petite cité balnéaire. Mais un jour, les soviétiques se sont dit qu’ils allaient installer ici un site d’extraction d’uranium. Du coup tout le monde dehors, la ville a été cadenassée, fermée au monde extérieur. Ce qui a duré jusque dans les années 1990 tout de même. Son architecture est très particulière.





C’est une ville qui a visiblement été pensée pour être agréable pour ceux qui y étaient coincés, à savoir les ouvriers et leurs familles. Les bâtiments du centre sont richement ornés de colonnades et autres décors d’inspiration greco-romaine, et la promenade en bord de mer est mignonne. On sent que ça commence à tomber en quenouille, malgré quelques équipements neufs. Comptez deux heures de promenade, c’est suffisant. Il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’incroyable, mais l’architecture stalinienne de la ville mérite le déplacement.
Ma note : 3/5. Ne faites pas 10h de route pour ça, mais sur le chemin ça mérite son arrêt.
Narva : bienvenue en Russie
Direction la frontière russe ! Si vous suivez le même itinéraire, vous sentirez le changement d’ambiance dans cette partie de l’Estonie. Ici, les gens sont plus froids… et dans la rue, ils parlent tous russe. Cette ville mérite un arrêt pour deux raisons : les deux forteresses et l’ancienne usine textile.

Une forteresse estonienne fait face à une forteresse russe, sur l’autre rive. Un face à face beau à voir, avec le fleuve qui passe entre les deux et la promenade aménagée. Le château est en bon état, on peut y entrer pour admirer la vue sur la forteresse d’en face… côté Russie donc. Un musée, quant à lui payant, se trouve à l’intérieur.



L’autre point d’intérêt de la ville, c’est l’ancienne usine textile de Kreeholm, qui employait 10.000 ouvriers. Pour une ville de seulement 50.000 habitants en 2025. Autant dire que ça a dû faire mal quand l’usine a fermé en 2010. Les bâtiments sont dantesques, certains sont toujours utilisés en habitation (certainement leur vocation première), mais l’immense ensemble en briques, l’usine en elle-même, ne sert plus à rien. Elle est extrêmement impressionnante. Elle peut se visiter, globalement un jour sur deux jusqu’à fin octobre. Mais en réalité, vous pourrez simplement pénétrer dans l’enceinte de l’usine et la voir de plus près. Les bâtiments restent fermés. Même sans passer les grilles, on prend plaisir à l’admirer.
Ma note : 3/5. Je justifie si je veux. Et là, j’veux pas.
Kuremae : une source magique
Le Couvent Dormition de Pühtitsa n’est pas LE truc de malade à voir à tout prix, mais il a beaucoup de charme, on prend plaisir à déambuler entre les dizaines de bâtiments et maisonnettes. Ici, contrairement à d’autres bâtiments religieux orthodoxes, il n’y a pas de dorures à ne plus savoir où donner de la tête, c’est plutôt sobre. Mais c’est joli et bien entretenu.





Encore une fois, nous sommes dans la partie russophone de l’Estonie. L’une des sœurs est venue bénir notre bébé, je ne vous dis pas la tête qu’elle a fait quand nous lui avons dit que nous ne parlions pas russe… mais anglais.

Les sœurs ont un grand verger et des ruches, il est possible d’acheter leurs productions (10€ le kilo de miel). À deux pas du couvent se trouve également une source « miraculeuse ». Concrètement : c’est un ruisseau au bout d’un chemin. C’est un lieu qui est très, très, très fréquenté. Nous y étions mi-octobre, il faisait un froid de gueu, et des gens défilaient de 8h30 du matin à 21h30, en faisant des aller-retours entre le parking et la source avec des bidons pour remplir leur coffre. Nous avons vu un bus touristique s’arrêter, et une procession en descendre, pope en tête. Chacun avec son gobelet à la main pour aller goûter à l’eau miraculeuse. Hallucinant. Il y a même une espèce de zone baptismale, dans une cabane, avec des escaliers qui descendent dans l’eau. Bref, une curiosité.



Ma note : 3.5/5. Franchement, ça mérite le détour.
Entre Tartu et Valga, vous pouvez vous arrêter à la cathédrale de sable de Piusa (ouverte samedi et dimanche uniquement), et également à la tour d’observation de Harimäe.
Vous allez en Lettonie ? Quitte à changer de pays, autant passer par Valga-Valka, une ville coupée en deux entre les deux pays. On change de pays littéralement en changeant de trottoir. Donc d’un coup d’un seul, les enseignes changent, la langue change. Et l’état des routes change aussi d’ailleurs.


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